YelloPark : A la nantaise lance un référendum et demande une concertation digne de ce nom

YelloPark : les 6 questions d’A la nantaise

La Commission Nationale du Débat Public (CNDP) a été saisie afin de permettre aux citoyens d’obtenir toutes les réponses aux questions qu’ils se posent au sujet du projet YelloPark. Le 27 décembre 2017, à l’occasion d’une première rencontre avec les deux garants nommés par la CNDP, A la nantaise a formulé six questions de fond relatives à ce projet :

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Initialement, le projet YelloPark – qui prévoit la démolition du stade de la Beaujoire au profit d’une nouvelle enceinte construite dans le cadre d’un projet immobilier – a été justifié par le fait que l’édifice actuel « ne répond plus aux normes d’hygiène, de sécurité et d’hospitalité » (dossier de presse de l’annonce du projet, 19-09-17). Waldemar Kita, président-propriétaire du FC Nantes, est revenu sur ces propos à l’occasion d’une récente interview : « la Beaujoire est aux normes, aucun débat sur ce sujet » (Ouest-France, 4-12-17). A l’occasion d’une réunion de concertation avec les associations de supporters le 13 décembre dernier, Luc Delatour (directeur des opérations du FCN), a indiqué que seules deux modifications sont nécessaires pour permettre au stade actuel d’être classé en catégorie 4 de l’UEFA (c’est-à-dire la plus élevée, anciennement nommée « catégorie élite ») : repenser la salle de conférence de presse et prévoir un système informatisé pour l’accueil du public.

Nous demandons à Nantes Métropole, propriétaire du stade de la Beaujoire, et au cabinet d’architectes ayant conçu l’enceinte d’indiquer quels sont les coûts de ces deux aménagements qui permettraient à l’édifice de répondre aux plus hautes exigences de l’UEFA.

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Actuellement, la redevance versée par le FC Nantes à Nantes Métropole pour la location du stade s’élève à 140 000 euros par an. De récentes recherches effectuées par notre association semblent laisser apparaître que les loyers versés par les autres clubs professionnels français aux collectivités locales sont beaucoup plus élevés (bien au-delà d’un million d’euros par an en moyenne). A la nantaise s’interroge sur la possibilité de trouver un point d’équilibre reposant sur une augmentation du loyer versé par le FCN à Nantes Métropole (sans pour autant atteindre les 4 millions d’euros destinés à être versés chaque année par le FCN à la société YelloPark dans le cadre de ce projet) afin de financer, en retour, de nouveaux aménagements du stade actuel (notamment les deux aménagements évoqués précédemment) sans créer de nouvelle charge pour les contribuables.

Afin d’obtenir une idée exacte de ce qui est pratiqué ailleurs en France, A la nantaise demande aux trois acteurs du projet Yellopark (Nantes Métropole, Réalités, Flava Groupe) de fournir des indications précises concernant les loyers versés par les autres clubs de Ligue 1 aux collectivités locales (ces données apparaissent notamment dans un rapport publié le 6 février 2015 par l’Association nationale des élus en charge du sport).

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Nantes accueillera la Coupe du monde de Rugby en 2023 et les JO en 2024 (le stade de la Beaujoire est habilité à recevoir ces deux compétitions et l’enceinte est décrite comme étant « particulièrement fonctionnel » sur le site Paris2024.org). Dans le cas où le projet YelloPark se concrétiserait, ces manifestations sportives de très haut niveau vont donc devoir coexister avec un projet immobilier de grande ampleur (construction du stade en projet et vaste programme urbain : 2000 logements, parking silo, espaces tertiaires, complexe sport santé, hôtel, commerces, groupe scolaire…) puisque les travaux sont censés débuter pendant l’été 2019 et durer plusieurs années (fin programmée en 2028). Cette configuration inhabituelle va inévitablement provoquer une tension extrêmement importante et impose une anticipation au plan de la gestion des risques (pour les sportifs, pour le public…) sur le site et ce, dans un contexte d’ultra-médiatisation.

A la nantaise demande à Nantes Métropole de communiquer les cahiers des charges produits par les organisateurs de ces deux événements afin de garantir que le projet YelloPark ne risque pas d’empêcher Nantes d’accueillir ces grandes compétitions internationales en 2023 et 2024.

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Au cours de ces dernières années, d’importants travaux d’aménagement du stade actuel, financés par l’impôt, ont permis à Nantes Métropole de candidater pour l’accueil de grandes compétitions internationales. Notamment, le stade de la Beaujoire a été retenu pour recevoir des rencontres de la Coupe du Monde de rugby en 2023. Pascal Bolo, vice-président de Nantes Métropole en charge du sport de haut niveau, a précisé à Ouest France le 23 novembre dernier que le stade actuel comme la nouvelle enceinte prévue sont l’un et l’autre susceptibles d’accueillir cette compétition : « Si le nouveau stade est prêt, ce sera lui. Selon le calendrier des promoteurs, qui reste ambitieux, c’est possible. Mais si les travaux du futur stade ne sont pas terminés, ce sera dans l’actuel ».

A la nantaise demande à Nantes Métropole d’indiquer quels montants précis ont été engagés ces dernières années par la collectivité pour que le stade soit dorénavant aux normes. Notre assocation demande par ailleurs à Nantes Métropole – pour le cas où les deux grandes compétitions internationales programmées se tiendraient dans le stade actuel – quels sont les travaux qui devraient être engagés et pour quel coût. Nous demandons en outre à la collectivité d’indiquer à quel moment le choix de l’enceinte d’accueil sera fait pour, le cas échéant, anticiper sur les éventuels travaux à accomplir dans le stade actuel.

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A l’occasion d’une entrevue avec A la nantaise le 14 décembre dernier, la Présidente de Nantes Métropole a rappelé que la signature du protocole d’accord le 1er décembre avec les acteurs privés de Yellopark constituait un « point de départ » du projet et non son « point d’arrivée ». Elle a indiqué vouloir exercer un contrôle de la solidité du projet, notamment sur le plan financier, avant la cession des 23 hectares de terrain à la société Yellopark. Le coût de la construction du nouveau stade ajouté à la démolition de l’actuel constituent des éléments essentiels ; or, depuis le lancement du projet, les différents acteurs annoncent publiquement des coûts de construction bien différents (200 millions d’euros selon Yoann Joubert, PDG de Réalités, lors de la conférence de presse du 19-09-17 ; 150 millions selon Waldemar Kita, dans une interview pour Ouest-France, le 4-12-17). Nul n’ignore que ces sommes sont bien inférieures au coût de construction des derniers stades réalisés en France (plus de 300 millions d’euros en moyenne selon différentes publications, notamment un rapport de la Cour des comptes publié en septembre 2017).

A la nantaise demande aux acteurs de YelloPark des données précises sur le coût de la nouvelle enceinte envisagée et demande à Nantes Métropole d’indiquer selon quels critères la collectivité évaluera la solidité financière du projet YelloPark afin d’autoriser ou non la cession des terrains.

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Un compte rendu d’une réunion du bureau métropolitain ayant eu lieu le 24 novembre 2017 évoque le projet YelloPark. Dans cette délibération no 2017 – 142 intitulée « Nantes Erdre – projet de renouvellement urbain Halvêque-Beaujoire-Ranzay – études préopérationnelles – coordination architecturale et urbaine des projets engagés – lancement d’appel d’offres ouverts », le projet YelloPark est en effet mentionné à plusieurs reprises concernant « une mission d’architecte-urbaniste », « une expertise financière concernant l’appréciation de la solidité du modèle économique YelloPark dans toutes les composantes financières du projet » ainsi que des investissements liés à la « communication ». L’ensemble des missions détaillées dans cette délibération sont évaluées à 879 600 euros TTC. Compte tenu de l’engagement pris par Johanna Rolland, Présidente de Nantes Métropole, de n’engager aucun fonds public dans ce projet (conférence de presse de lancement le 19 septembre 2017 et signature du protocole d’accord le 1er décembre 2017), notre association souhaite obtenir des éclaircissements.

A la nantaise demande à Nantes Métropole d’indiquer quel sera le montant de fonds publics liés au projet YelloPark.