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YelloPark : la position d’A la nantaise

A l’occasion de son Assemblée Générale le 29 septembre 2018, A la nantaise a souhaité définir son positionnement sur le projet YelloPark, résultant d’un an de travaux et de la participation de l’association à la totalité des réunions de concertation.

1. Un an de travaux
2. Le positionnement de l’association

1. Un an de travaux

Prise de contact avec les porteurs du projet dès le lancement de celui-ci

Entrevues avec Yoann Joubert (PDG de Réalités, Président de YelloPark) le 25-09-17, avec Luc Delatour (responsable du projet pour le FCN) le 26-10-17 et avec Johanna Rolland (maire de Nantes et Présidente de Nantes Métropole) le 14-12-17
Objectif : devenir un interlocuteur incontournable

Organisation d’une réunion publique le 27-11-17, salle festive Nantes-Erdre

1ère initiative publique destinée à questionner le projet YelloPark
Objectif : décrypter l’opération, ouvrir un vrai débat sur ce projet, obtenir une véritable concertation

Participation à la totalité des réunions de concertation

6 réunions dites de « pré-concertation » puis 13 réunions sous l’égide de la Commission Nationale du Débat Public
Objectif : questionner les décideurs et obtenir un maximum d’informations sur l’opération

Construction d’un contre-projet

4 ateliers participatifs, ouverts à tous. Participants : associations de supporters et de riverains, universitaires, architecte ayant construit le stade de la Beaujoire, citoyens d’horizons divers
Objectif : construire une autre solution pour l’avenir de la Beaujoire, incluant non pas la démolition du stade mais un nouvel enrichissement de l’édifice

Entrevue au ministère de l’environnement avec la Présidente de la CNDP, 16-07-18

Objectif : faire en sorte que le rapport des garants dressant le bilan de la concertation exige les informations cruciales encore manquantes (étude des alternatives, impact environnemental d’une éventuelle démolition du stade, données relatives aux prix de cession du foncier…)

Réunion publique sur les risques juridiques de YelloPark, 13-09-18

Interventions de juristes (universitaires et avocats)
Objectif : mettre en exergue les nombreux risques juridiques liés aux aspect du droit de l’urbanisme et du droit de l’environnement, liés à la cession du foncier, liés à la démolition d’un stade protégé par la propriété intellectuelle

Entrevues avec les élus de toutes sensibilités

Des entrevues ont lieu depuis mi-septembre avec des conseillers municipaux, conseillers métropolitains, parlementaires, responsables locaux des partis politiquesv Objectif : les alerter sur la nécessité d’obtenir tous les éléments demandés par la CNDP avant toute décision

En parallèle :

Communication active sur les réseaux sociaux ; échanges constants avec la presse ; actions communes avec l’ensemble des acteurs souhaitant questionner le projet (autres associations de supporters et notamment la Brigade Loire, associations de riverains, association des commerçants ambulants, associations de protection de l’environnement, Anticor…)

2. Positionnement d’A la nantaise

Suite à cette année de travaux, A la nantaise a souhaité profiter de son Assemblée générale pour mettre en exergue ce que les membres de l’association considèrent comme étant les quatre principaux points d’achoppement du projet YelloPark :

Un projet très risqué pour le FC Nantes en raison des nouvelles charges financières menaçant la pérennité du club

Alors que l’actualité du FCN se caractérise depuis de nombreuses années par une très forte instabilité, il semble particulièrement périlleux d’imposer au club de nouvelles charges financières d’envergure. Notamment, le loyer annuel que devrait payer la SASP FC Nantes à la société YelloPark, situé entre 4 et 5,5 millions d’euros, signifierait une multiplication par 40 par rapport à la situation actuelle, alors même que le maintien durable du FCN au sein de la Ligue 1 n’est en aucun cas assuré. L’ensemble des nouvelles charges financières provoquées par ce projet sont susceptibles de menacer la pérennité d’un club qui semble actuellement dépourvu de projet sportif et de vision à long terme.

La démolition d’un stade fonctionnel que l’on pourrait aisément continuer à enrichir

Les porteurs du projet ont sans cesse insisté sur la vétusté du stade et ont installé cette idée dans l’opinion. Or, le stade de la Beaujoire est un édifice jeune qui répond aux normes nationales et internationales, si bien que sa candidature a été retenue pour la Coupe du monde de rugby 2023 et les JO 2024. Le stade a été conçu pour évoluer au fil du temps et une nouvelle valorisation pourrait être effectuée pour des coûts particulièrement modiques, en ayant recours à des solutions ne nécessitant de demander aucun euro supplémentaire au contribuable, afin d’éviter le gâchis patrimonial que signifierait la destruction de l’édifice.

Les biens publics (stade et foncier) bradés

Le stade de la Beaujoire a été financé puis à de nombreuses reprises rénové par le contribuable, notamment en amont de la coupe du monde de football 1998 et de la coupe du monde de rugby 2007. Depuis la début de l’actuelle mandature (2014), plus de 6 millions d’euros ont à nouveau été investis, ce qui rendrait particulièrement choquant la démolition de l’édifice. Par ailleurs, la méthode choisie pour évaluer le prix de vente de la parcelle incluant le stade est très favorable aux deux acteurs privés et donc très préjudiciable pour les finances publiques. La cession d’un quartier entier de la ville (220 000 mètres carrés) et du plus vaste équipement public de l’agglomération pour 10,6 millions d’euros seulement constituerait un lourd abandon de recettes, aux dépens du contribuable et aux dépens de l’intérêt général.

Un simulacre de concertation

Les réunions de concertation sous l’égide de la Commission Nationale du Débat Public ont permis de questionner les porteurs du projet et d’obtenir ainsi de précieuses informations mais n’ont en aucun cas permis d’ouvrir le débat. Le propos récurrent des décideurs politiques – « il n’y a pas d’alternative » – a empêché toute forme de concertation de voir le jour.

Au total, l’association A la nantaise ne peut se résoudre à accepter le projet YelloPark en l’état et dévoilera dans les prochains jours, aux côtés de l’ensemble des acteurs ayant participé aux ateliers participatifs (associations et architecte ayant conçu l’édifice), un projet d’enrichissement du stade de la Beaujoire, chiffré, illustré et accompagné de solutions de financement ne nécessitant de récolter aucun euro supplémentaire auprès du contribuable.